Article du 1er Mars 2017 dans Le Parisien

« «Mon Général, j’ai besoin de vous ! Vous êtes prêt à vous engager avec moi ? »

Emmanuel Macron n’y est pas allé par quatre chemins le 30 novembre dernier face à Bertrand Soubelet, général quatre étoiles qu’il recevait à son QG de la rue de l’Abbé-Groult (Paris XVe). L’ex-numéro trois de la gendarmerie nationale, séduit par le style très cash de Macron, en est resté coi. « Il a vu ma tête… Je ne suis pas un politique, moi. Ni de gauche ni de droite ! » nous confie avec un accent chantant ce natif des Pyrénées-Atlantiques qui répète, depuis l’âge de 12 ans, qu’il veut « servir son pays ».

Justement : pour le candidat, il est une prise de guerre — si l’on ose dire — idéale, emblématique de cette société civile qui transcende les vieux clivages politiques. Entre eux, en vérité, tout a démarré en octobre, quand Soubelet a commencé à envoyer à Macron des propositions sur la sécurité et la défense… parfois décoiffantes : imposer des contrôles biométriques systématiques aux frontières pour lutter contre le terrorisme ; un « parcours citoyen » de deux mois, sous le contrôle des armées, pour tous les jeunes Français…

Car l’homme n’a pas sa langue dans sa poche. « Je sens bien que je gêne. On me prend pour un agité du bocal », sourit le général de corps d’armée. Son franc-parler, qu’il a servi aux nombreux ministres qu’il a vus défiler, lui a pourtant coûté cher. Très cher.

Une liberté de parole revendiquée

Le 18 décembre 2013, sa vie bascule. Auditionné par une commission à l’Assemblée, il se lâche. Critique les réformes pénales à répétition qui déstabilisent les gendarmes, le manque de moyens, relaie la frustration de ses hommes face à des coupables mieux traités que les victimes. Les gendarmes saluent le « général courage ».

Mais au sommet de l’Etat, notamment chez Manuel Valls, où l’on considère qu’il a rompu son devoir de réserve, il devient une cible. La sanction tombe : il est d’abord muté outre-mer, puis mis à la retraite de fait. Au fond du trou, lâché de partout. A part les députés LR Eric Ciotti, Philippe Goujon et Georges Fenech, personne ne bouge. Alain Juppé, ex-ministre de la Défense, l’enfonce publiquement : « Un militaire, c’est comme un ministre, ça ferme sa gueule. »

Alors les politiques à la papa et leur « baratin », très peu pour Soubelet ! Avant Emmanuel Macron, Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez et des proches de Nicolas Sarkozy l’ont contacté, lui faisant miroiter des postes mirifiques. Il les a tous envoyés promener. Il a son idée en tête : en juin, il sera candidat aux législatives dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine. Un général à l’Assemblée ? De mémoire de parlementaires, on n’en a pas vu depuis Marcel Bigeard, résistant durant la Seconde Guerre mondiale puis militaire en Indochine et en Algérie ! Soubelet n’est pas encore certain de partir sous l’étiquette En marche. « Je veux rester libre », insiste ce « grand brûlé ».

Cette dernière grande aventure, à 57 ans, il l’a planifiée comme une opération militaire. Il est allé rencontrer en personne le centriste André Santini, député- maire d’Issy-les-Moulineaux, frappé par le cumul des mandats, pour le prévenir qu’il se lançait sur ses terres. « Une marque de respect. Je veux apporter une autre façon de faire », dit-il. »

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